Prologue.
Bonsoir, il est une heure futile, nous sommes à une date insignifiante. Lorsque vous lirez ceci, vos yeux seront sûrement surmontés de chétives lunettes rondes, vous aidant ainsi à mieux apercevoir les épigrammes et les syntagmes que forment mes tirades. Vos pupilles seront à coup sur dilatées à leurs apogées, camouflant, déguisant et celant ainsi vos iris à la pigmentation aléatoire, et vos cils défectueusement démaquiller s'abaisseront régulièrement et assidûment pour chasser les étoiles et particules de poussières qui embourberont vos prunelles. A votre droite, une lampe de chevet chatoiera sans doute d'une lumière cuprifère et tamisée, surmontée d'une éternelle ampoule brûlante et cuisante. Des draps liliaux et fraîchement repassés seront mis en bataille par-dessus vos mollets, et pour certain, une tasse de café bien serrée sera peut être déposée sur votre table de nuit, vous permettant ainsi de rester éveiller jusqu'au dégorgeoir de votre lecture, fonctionnant sur vous comme une sorte de contrepoison ou somnifère. Une mélodieuse, sirupeuse et harmonieuse ambiance bercera votre chambre à demi éclipsée dans les ténèbres, et la chaleur de la pièce vous apaisera totalement de la tempête qui se déchaîne sans répit dans la nature. Vous êtes Madame tout le monde, enchanté.
Quant à moi, c'est Elisabeth. La plus-part des gens m'appellent : Elle. Elle, parce que Elisabeth c'est, je cite, « un prénom du dix-huitième siècle. » Elle, parce que c'est plus court. Elle, parce qu'au yeux de quelqu'un ou de n'importe qui, je suis tout le monde. Je suis « elle » la fille qui a un joli sac. Je suis « elle » la fille qui vient de sortir du magasin d'en face. Je suis « elle » la fille qui vient de trébucher sur le trottoir. Je suis « elle ». Vous, vous êtes peut-être banal, mais moi, je suis toutes les demoiselles et je ne suis personne. Je suis vous, je suis elles, je suis moi. Je suis un pronom. Et un pronom presque impersonnel. Jusqu'à ce jour. Jusqu'à ce jour ou lui, il décida de m'appeler Hell.
Flash-back.
- Ne détourne pas ton regard du mien, tu ne feras qu'avoisiner ta crainte adjacente à ton appréhension.
Alors que je transpirais toute la rage, la colère, la fureur, la ranc½ur à l'intérieur de mes prunelles vert impérial, sombres et légèrement bleutées, il esquissa ce qui me paru être une fossette.
- Cesse de te déloger et de fuir, te remanier en courant d'air à chaque tierce où je suis à proximité me somme de me rapprocher et de me lier encore un petit peu plus à toi. Nous jouons au chat et à la souris, plus tu t'enfuis, plus je me hâte. Je t'attendrais sans répit à chaque instant où tu ne me soupçonneras pas, au moindre de tes faux pas, je patienterais dans l'ombre de ta silhouette élancée, et je fluctuerais dans chacun de tes reflets spectraux. Tu ne verras plus un seul de tes miroitements dans une glace sans l'incertitude des contours de mon allure tapis furtivement en catimini derrière toi. Je serais la chimère de tes songes, guettant à travers ce voile de nébulosité et de noirceur que tu craques, que tes nerfs s'étirent encore et encore, s'allongent et se distendent jusqu'à ce qu'ils éclatent. Au moment propice, celui où tu seras le plus vulnérable et fragile, je serais là, je serais là avant que ne tombe le coup de grâce.
Il pris subitement mon menton entre son pouce et son index en se rapprochant vivement de mon visage avec impassibilité et rigidité, mais une certaine tendresse, avant de continuer durement :
- Tu n'es peut-être qu'une rouquine auburn à la peau tannée pour tout ces gens, qu'une fille qui ne se prend pas pour quelqu'un parce qu'elle sait qu'elle n'est personne, une ado décontenancée et fourvoyée, mais tu finiras par assimiler le fait que pour moi, tu n'es rien de tout cela, et qu'aucun de mes discours et lexie n'étaient affabulation et fourberie. Je n'ai pas demandé à être ainsi attaché à toi, et j'ignore même la raison, mais tu es bien trop craintive, fermée et effarouchée. Tu es un véritable enfer, tu es mon enfer, Hell. Mais bientôt, toi aussi tu tomberas amoureuse de moi. Tu voleras amoureuse de moi.
Ce n'est pas le début d'un roman, je compte effectivement m'arrêter ici, mais, des avis? :)


Cynnziia (In charge) , Friday, 09 October 2009 at 8:58 PM
J'aime bien :D